{"id":6803,"date":"2023-01-09T10:53:32","date_gmt":"2023-01-09T10:53:32","guid":{"rendered":"https:\/\/new.michalgovrin.com\/m_essays\/jours-de-penitence-a-cracovie-reviviscence-dune-melodie\/"},"modified":"2023-02-23T13:56:35","modified_gmt":"2023-02-23T13:56:35","slug":"jours-de-penitence-a-cracovie-reviviscence-dune-melodie","status":"publish","type":"m_essays","link":"https:\/\/michalgovrin.com\/fr\/m_essays\/jours-de-penitence-a-cracovie-reviviscence-dune-melodie\/","title":{"rendered":"Jours de p\u00e9nitence \u00e0 Cracovie \u2013 R\u00e9viviscence d&rsquo;une m\u00e9lodie"},"content":{"rendered":"\n<p>L&rsquo;unique m\u00e9lodie de ma m\u00e8re qu&rsquo;il me reste en m\u00e9moire enregistr\u00e9 est celle du bedeau de la synagogue du Rem&rsquo;ah [Rabby Moshe ben Isra\u00ebl Isserlis] \u00e0 Cracovie, circulant la nuit dans les rues du vieux ghetto de Kazimierz, frappant aux volets des maisons et appelant aux <em>Selihot<\/em>, les p\u00e9nitences, \u00ab&nbsp;<em>Yidelekh, yidelekh, tayere koshere yidelekh, shteyen oyf, shteyen oyf lavoydes haboyre uleslikhes<\/em>&nbsp;\u00bb (Juifs, juifs, chers et cach\u00e8res, levez-vous, levez-vous, pour le culte et les p\u00e9nitences).<\/p>\n\n\n\n<p>Ma m\u00e8re a quitt\u00e9 sa ville natale tant aim\u00e9e le 18 octobre 1944, par train, du camp de P\u0142asz\u00f3w pour Auschwitz. Depuis, elle n&rsquo;y a plus remis les pieds. Les souvenirs de la belle ville, les boulevards de platanes, le fleuve, le palais, les nombreuses synagogues, le lyc\u00e9e h\u00e9bra\u00efque, l&rsquo;op\u00e9ra, le tennis, le mouvement de jeunesse sioniste, tout cela a rempli notre maison \u00e0 Tel-Aviv d&rsquo;un tumulte de vie tr\u00e9pidante. Sur ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 par la suite, ma m\u00e8re a gard\u00e9 le silence.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2007, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 invit\u00e9e \u00e0 un \u00e9change culturel par l&rsquo;Institut polonais. J&rsquo;ai accept\u00e9 \u00e0 condition qu&rsquo;en parall\u00e8le \u00e0 la visite officielle, je puisse \u00e9galement participer \u00e0 la Marche du souvenir de la d\u00e9portation des Juifs de Cracovie. En 1942, les Juifs ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s de chez eux vers le secteur de Podg\u00f3rze cl\u00f4tur\u00e9 en ghetto, et en 1943, apr\u00e8s une s\u00e9rie d&rsquo;actes meurtriers, ceux qui restaient ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9s \u00e0 pied vers le camp de travaux forc\u00e9s de P\u0142asz\u00f3w, construit, sur l&rsquo;inspiration sadique de son commandant, Amon G\u00f6th, sur le cimeti\u00e8re juif.<\/p>\n\n\n\n<p>La Marche du souvenir de P\u0142asz\u00f3w \u00e9tait fix\u00e9e au dimanche matin. Je suis arriv\u00e9e \u00e0 Cracovie par le train de Varsovie avant le d\u00e9but du Shabbat. Sur le quai m&rsquo;attendait Sylvia, l&rsquo;accompagnatrice officielle, une petite femme svelte dans un manteau \u00e0 carreaux \u00e0 la beaut\u00e9 polonaise parfaite. J&rsquo;ai descendu mes valises, m&rsquo;excusant de leur poids avec embarras. Il m&rsquo;\u00e9tait difficile d&rsquo;expliquer que, de peur de revenir sur les pas de ma m\u00e8re et de mon fr\u00e8re de huit ans assassin\u00e9, prise de panique par la r\u00e9incarnation des \u00e2mes que je venais d&rsquo;enclencher, j&rsquo;ai emport\u00e9 dans mon p\u00e9riple tous les livres sans lesquels s\u00fbrement je ne pourrais survivre&nbsp;: Kafka, Rilke, Gebirtig, Primo Levi, Szymborska, Bruno Schultz, Viktor Frankl, un livre de pri\u00e8res, Mikraot Gedolot, Noam Elim\u00e9lekh du rabbin de Lizhensk, un lot qui p\u00e8se pr\u00e8s de trente kilos\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa d\u00e9licatesse, Sylvia a gard\u00e9 le sourire, m\u00eame lorsque nous sommes arriv\u00e9es dans sa petite voiture au coffre plein \u00e0 un petit h\u00f4tel sans ascenseur de Kazimierz, le vieux ghetto, et m\u00eame lorsque nous avons tra\u00een\u00e9 avec nonchalance l&rsquo;\u00e9norme valise, \u00e9tage apr\u00e8s \u00e9tage. Mais l\u00e0, c&rsquo;est moi qui ai craqu\u00e9. Devant la minuscule chambre qui m&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e, sombre, avec une lucarne \u00e9clairant \u00e0 peine la vieille tapisserie, j&rsquo;ai su qu&rsquo;apr\u00e8s trois jours ici, dont celui de la Marche de la r\u00e9surrection des morts, il faudrait m&rsquo;interner sur-le-champ. Sylvia, la responsable, suait \u00e0 grosses gouttes. Shabbat approchait. Et seulement par chance, il s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu&rsquo;une chambre plus grande dans un h\u00f4tel \u00e9loign\u00e9 de quelques ruelles venait de se lib\u00e9rer.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes donc sorties, Sylvia avec les bagages \u00e0 main et moi avec la valise-recueil de litt\u00e9rature universelle se dodelinant sur les pav\u00e9s des vieilles rues. Soudain, en plein effort de navigation de la valise au d\u00e9tour d&rsquo;une rue, la poign\u00e9e s&rsquo;est cass\u00e9e. La valise s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9e, la poign\u00e9e orpheline restant dans ma main.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Qu&rsquo;allons-nous faire&nbsp;?&nbsp;\u00bb Sylvia \u00e9tait paniqu\u00e9e, \u00e9tourdie par ces p\u00e9r\u00e9grinations juives.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Ce n&rsquo;est rien&nbsp;\u00bb, l&rsquo;ai-je rassur\u00e9e. \u00ab&nbsp;Je vais porter la valise comme \u00e7a&nbsp;\u00bb, dis-je en soulevant mon fardeau.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l&rsquo;inqui\u00e9tude de Sylvia ne diminuait pas, les gouttes de sueur perlaient de son front, et toute sa fine personne respirait le d\u00e9sespoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Je devais l&rsquo;encourager, je le savais, et soudain, dans un \u00e9clair, une chanson m&rsquo;est revenue \u00e0 l&rsquo;esprit. \u00ab&nbsp;\u00c7a me rappelle une chanson en yiddish&nbsp;!&nbsp;\u00bb ai-je dit, en entonnant d&rsquo;un souffle coup\u00e9 par l&rsquo;effort la valse d&rsquo;amour&nbsp;: \u00ab&nbsp;Moi sans toi et toi sans moi c&rsquo;est comme une poign\u00e9e sans porte.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Et ainsi, le long des rues \u00e9troites Estery et Jozefa, tenant d&rsquo;une main le lourd fardeau et de l&rsquo;autre la poign\u00e9e orpheline, j&rsquo;ai tra\u00een\u00e9 l&rsquo;immense valise comme si de rien n&rsquo;\u00e9tait et j&rsquo;ai chant\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>Ikh on dir un du on mir iz vi a kliamke on a tir<\/em>\u2026<em> ketzele, faygele, mayn<\/em>.&nbsp;\u00bb Le mot \u00ab&nbsp;<em>kliamke<\/em>&nbsp;\u00bb, qui signifie poign\u00e9e, ajout\u00e9 \u00e0 la douceur de la valse, a r\u00e9ussi \u00e0 calmer Sylvia, qui s&rsquo;est mise \u00e0 fredonner elle aussi le refrain \u00e0 la beaut\u00e9 irr\u00e9sistible. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le soir du shabbat, apr\u00e8s la pri\u00e8re \u00e0 l&rsquo;ancienne synagogue du Rem&rsquo;ah, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 invit\u00e9e \u00e0 un d\u00eener organis\u00e9 par le jeune rabbin Boaz Pash, envoy\u00e9 d&rsquo;Isra\u00ebl, dans une salle au sommet de la synagogue, Hochschule, en partie d\u00e9laiss\u00e9e. Un assortiment singulier d&rsquo;invit\u00e9s \u00e9tait convi\u00e9 au repas frugal dispos\u00e9 sur des tables recouvertes de nappes en papier. Deux ou trois anciens de la communaut\u00e9, solitaires, parlant des fragments de yiddish, quelques femmes enthousiastes, de celles ayant d\u00e9couvert r\u00e9cemment que sous leur biographie polonaise se dissimule depuis soixante ans une petite fille juive cach\u00e9e et qui s&rsquo;efforcent \u00e0 pr\u00e9sent de faire le pont d&rsquo;une vie enti\u00e8re, un groupe de non-Juifs de France et de Pologne r\u00e9unis \u00e0 Cracovie pour une rencontre de bonne volont\u00e9 et quelques jeunes ayant eux aussi d\u00e9couvert un beau jour que dans leurs veines coule du sang juif en h\u00e9ritage, rassembl\u00e9s dans un organisme du nom de \u00ab&nbsp;cholent&nbsp;\u00bb. Ce sont eux qui ont fait l&rsquo;effort de servir le d\u00eener \u00e0 cet attroupement atypique.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;\u00e9tais assise en bout de table, face aux Fran\u00e7ais. Le jeune rabbin s&rsquo;est tourn\u00e9 avec une douceur paternelle vers les membres de la communaut\u00e9, a b\u00e9ni, a repris avec eux les airs connus, les encourageant \u00e0 prendre la parole. Et l\u00e0, entre les plats frugaux, un jeune Am\u00e9ricain tout juste arriv\u00e9 \u00e0 Cracovie s&rsquo;est lev\u00e9 pour un \u00ab&nbsp;sermon&nbsp;\u00bb. Pendant un instant, il a sembl\u00e9 se retrouver \u00e0 sa f\u00eate de bar-mitsvah, mais, puisant apparemment son inspiration litt\u00e9raire dans Henry Miller, le jeune homme a fait passer l&rsquo;histoire de la synagogue aux toilettes, d\u00e9taillant les g\u00e9missements de son oncle se masturbant dans l&rsquo;une des cabines. Alors qu&rsquo;un sourire pervers illuminait le visage du jeune homme, la porte de la salle s&rsquo;est ouverte et deux toques de fourrure d&rsquo;un m\u00e8tre de haut sont entr\u00e9es, avec en dessous deux Juifs \u00e0 la barbe blanche rev\u00eatus de l\u00e9vites. \u00ab&nbsp;Le rabbin de Galicie et son bedeau&nbsp;\u00bb, d&rsquo;apr\u00e8s le murmure qui passait entre les convives. Le rabbin, nomm\u00e9 (et pay\u00e9) par New York, a prononc\u00e9 un court sermon d&rsquo;une voix de stentor avant d&rsquo;entamer un chant d&rsquo;une voix tonitruante. Au d\u00e9but, le bedeau barbu s&rsquo;est uni \u00e0 lui, mais lorsque quelques dames enthousiastes ont pouss\u00e9 la chanson, le bedeau a pris la porte, avant d&rsquo;\u00eatre rejoint par le rabbin croulant sur le poids de sa toque colossale.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le sermon sur les toilettes et le d\u00e9part des toques, les convives semblaient accabl\u00e9s et confus.<\/p>\n\n\n\n<p>Soudain, le rabbin s&rsquo;est exclam\u00e9,<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Michal, chantez votre chanson.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>De quoi parle-t-il, me suis-je demand\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Quelle chanson&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Celle que vous avez chant\u00e9e dans la rue aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Comment&nbsp;? Comment le savez-vous&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Je passais par l\u00e0 et je vous ai entendu chanter. Et alors je vous ai reconnue.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les circonstances de ma visite \u00e0 Cracovie me revenaient en t\u00eate de plein fouet, ce qui avait \u00e9t\u00e9 racont\u00e9, ce qui avait \u00e9t\u00e9 tu, les affres de la communaut\u00e9, l&rsquo;insistance du rabbin, et j&rsquo;ai su que je n&rsquo;avais pas le choix.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai chant\u00e9 la valse d&rsquo;amour en yiddish. D\u00e8s la premi\u00e8re fois, les convives fredonnaient avec moi. \u00ab&nbsp;Encore une fois&nbsp;\u00bb, a demand\u00e9 le rabbin, et la fois d&rsquo;apr\u00e8s, tout le monde chantait, se balan\u00e7ant de part et d&rsquo;autre, \u00ab&nbsp;<em>Ikh on dir un du on mir<\/em>\u2026&nbsp;\u00bb Et la troisi\u00e8me fois, ils se sont lev\u00e9s pour danser autour des tables, le jeune rabbin en t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet \u00e9cho soudain \u00e0 mon v\u00e9cu personnel m&rsquo;a stup\u00e9fait. Et alors, lorsque la danse s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9e, par un \u00e9lan soudain, j&rsquo;ai d\u00e9clar\u00e9 \u00ab&nbsp;J&rsquo;ai une autre chanson&nbsp;! D&rsquo;ici, de Cracovie.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes enthousiastes, les anciens et le rabbin se sont tourn\u00e9s vers moi lorsque j&rsquo;ai entonn\u00e9 le chant du bedeau de la synagogue du Rem&rsquo;ah, r\u00e9sonnant \u00e0 mon oreille avec la voix de ma m\u00e8re, \u00ab&nbsp;<em>Yidelekh, yidelekh, tayere koshere yidelekh, shteyen oyf, shteyen oyf lavoydes haboyre uleslikhes<\/em>&nbsp;\u00bb, \u2013 Juifs, juifs, chers et cach\u00e8res, levez-vous pour le culte et les <em>Selihot<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les convives encore debout tournaient la t\u00eate, \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute, les femmes \u00e2g\u00e9es aux joues \u00e9carlates, la jeunesse enflamm\u00e9e, les quelques vieux juifs fredonnant en yiddish, et le jeune rabbin Isra\u00e9lien reprenant avec moi la m\u00e9lodie chass\u00e9e et oubli\u00e9e des rues du vieux ghetto de Cracovie \u00ab&nbsp;<em>Yidelekh, Yidelekh<\/em>\u2026&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>A une heure tardive, nous sommes sortis cheminant vers la place Szeroka, au c\u0153ur de Kazimierz. La grande place \u00e9tait vide. \u00ab&nbsp;Comment \u00e9tait-ce&nbsp;?&nbsp;\u00bb a demand\u00e9 le rabbin, avant d&rsquo;entonner dans l&rsquo;obscurit\u00e9 \u00ab&nbsp;Yidelekh&nbsp;\u00bb. D&rsquo;autres voix l&rsquo;ont rejoint, \u00ab&nbsp;<em>Yidelekh, yidelekh, tayere koshere yidelekh, shteyen oyf, shteyen oyf lavoydes haboyre uleslikhes<\/em>&nbsp;\u00bb, pour le culte et les p\u00e9nitences\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>La fa\u00e7ade de la synagogue du Rem&rsquo;ah a \u00e9merg\u00e9 de l&rsquo;obscurit\u00e9, avec son porche imposant, donnant sur le vieux cimeti\u00e8re, ferm\u00e9 \u00e0 cette heure-ci. Et dans la r\u00e9viviscence d&rsquo;une m\u00e9lodie r\u00e9sonnait encore au-del\u00e0 de la destruction et apr\u00e8s tant d&rsquo;ann\u00e9es le chant du bedeau de la synagogue du Rem&rsquo;ah qui passe entre les rues dans la nuit, frappe aux volets et r\u00e9veille les endormis \u2013 morts et vivants \u2013 pour les p\u00e9nitences.<\/p>\n","protected":false},"featured_media":6801,"template":"","meta":{"_acf_changed":false},"categories":[129,118,157,153,128,125],"tags":[123,126],"class_list":["post-6803","m_essays","type-m_essays","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-essais-fr","category-litterature-fr","category-livres-et-essais-fr","category-memoire-de-la-shoah-fr","category-pensee","category-recits-fr","tag-generations-fr","tag-rituel-juif"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/michalgovrin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/m_essays\/6803","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/michalgovrin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/m_essays"}],"about":[{"href":"https:\/\/michalgovrin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/m_essays"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/michalgovrin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6801"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/michalgovrin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6803"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/michalgovrin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6803"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/michalgovrin.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6803"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}